L’UE régule l’ia : un coup d’épée dans l’eau ?

L’Union européenne, ce grand navire qui navigue souvent à la vitesse d’un pédalo, a décidé de se lancer dans la régulation de l’intelligence artificielle. L’UE, cette même institution qui a mis des années à se mettre d’accord sur la couleur des passeports, veut maintenant réguler l’un des domaines technologiques les plus complexes et les plus rapides du monde. On pourrait applaudir l’ambition, si elle n’était pas aussi démesurée.

Il y a deux ans, Bruxelles a proposé un projet de règlement ambitieux. Un projet qui a traîné en longueur, retardé par des controverses sur les dangers des IA génératives capables de créer des textes ou des images. On peut imaginer les députés européens, les yeux écarquillés devant un écran, regardant une IA générer un poème sur les tulipes. “C’est de la sorcellerie !” s’exclame l’un d’eux, renversant son café.

Le Parlement européen doit adopter sa position à la mi-journée, lors d’un vote en séance plénière à Strasbourg. Le feu vert attendu doit permettre d’engager dès mercredi soir les négociations avec les États membres pour finaliser la législation, si possible, d’ici la fin de l’année. C’est un peu comme demander à un enfant de cinq ans de résoudre un Rubik’s Cube en moins d’une heure.

Le commissaire Thierry Breton, qui a porté le texte avec sa collègue Margrethe Vestager, a appelé à conclure le processus “durant les prochains mois”. Mais le règlement n’entrera pas en application avant 2026, dans le meilleur des cas. C’est un peu comme commander une pizza et se faire dire qu’elle arrivera dans quatre ans. On espère que vous n’avez pas trop faim.

Les systèmes d’intelligence artificielle fascinent autant qu’ils inquiètent. Ils peuvent sauver des vies en permettant un bond en avant des diagnostics médicaux, mais ils sont aussi exploités par des régimes autoritaires pour exercer une surveillance de masse des citoyens. C’est un peu comme un couteau : vous pouvez l’utiliser pour couper des légumes ou pour commettre un crime. Il semble que l’UE ait décidé de réguler les couteaux.

Le grand public a découvert leur potentiel immense à la fin de l’année dernière avec la sortie du générateur de contenus rédactionnels ChatGPT de la société californienne OpenAI, qui peut rédiger des dissertations originales, des poèmes ou des traductions en quelques secondes. C’est comme si votre chien commençait soudain à parler couramment le français. C’est impressionnant, mais aussi un peu effrayant.

Mais la diffusion sur les réseaux sociaux de fausses images, plus vraies que nature, créées à partir d’applications comme Midjourney, a alerté sur les risques de manipulation de l’opinion et les dangers pour la démocratie.

Des scientifiques ont réclamé un moratoire sur le développement des systèmes les plus puissants, en attendant qu’ils soient mieux encadrés par la loi. C’est comme demander à un enfant de ne pas ouvrir ses cadeaux de Noël avant le matin du 25 décembre. Bonne chance avec ça.

“Nous avons besoin de règles (…). Le monde entier nous regarde”, a souligné l’eurodéputé Brando Benifei, lors d’un débat mardi. C’est comme si le professeur de mathématiques vous demandait de résoudre un problème complexe devant toute la classe. Pas de pression.

La position du Parlement confirme dans ses grandes lignes l’approche de la Commission. Le texte s’inspire des réglementations existantes en matière de sécurité des produits et imposera des contrôles reposant d’abord sur les entreprises.

Le cœur du projet consiste en une liste de règles imposées aux seules applications jugées à “haut risque“. Il s’agirait des systèmes utilisés dans des domaines sensibles comme les infrastructures critiques, l’éducation, les ressources humaines, le maintien de l’ordre ou la gestion des migrations.

Parmi les obligations : prévoir un contrôle humain sur la machine, l’établissement d’une documentation technique, ou encore la mise en place d’un système de gestion du risque. Leur respect sera contrôlé par des autorités de surveillance dans chaque pays membre.

En fin de compte, l’UE a comme toujours de soit disante bonnes intentions. Elle veut protéger ses citoyens et réguler un domaine qui est clairement en besoin de régulation. Mais la question reste : est-ce que l’UE est vraiment à la hauteur de la tâche ? Ou est-ce juste un autre exemple de l’UE qui parle beaucoup et agit peu ?

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