Fin de Vie Choisie : Aux Frontières de l’Éthique et du Profit

Alors que le gouvernement français s’apprête à présenter en février 2024 un projet de loi encadrant l’aide active à mourir, les débats s’annoncent d’ores et déjà animés sur ce sujet délicat. Mais la réforme de la fin de vie n’est pas le seul chantier sensible du moment : en parallèle, on observe d’importants mouvements de restructuration dans les secteurs des EHPAD et des services funéraires, également confrontés au défi du vieillissement de la population.

La législation sur la fin de vie en gestation vise à définir un cadre strict pour l’assistance au suicide et à l’euthanasie, tout en consolidant l’offre de soins palliatifs. Si un consensus semble émerger en ce sens, les implications éthiques d’une telle réforme nécessitent des arbitrages subtils entre libertés individuelles et protection de la vie.

Le gouvernement devra donc trouver le juste équilibre dans la rédaction du texte de loi, alors même que la dynamique de consolidation s’accélère dans les secteurs connexes des EHPAD et des pompes funèbres. Des groupes comme Domidep, Colisée ou Funecap ont récemment réalisé des acquisitions majeures, redessinant la prise en charge des personnes âgées dépendantes et la gestion des services funéraires.

Ces restructurations répondent certes à des logiques financières autant qu’à l’accroissement des besoins liés au vieillissement. Pour autant, certains observateurs s’inquiètent d’une possible marchandisation des soins aux personnes âgées et de la mort elle-même, dans un contexte où les questions existentielles occupent le devant de la scène.

D’où la prudence affichée par l’exécutif dans ce dossier sensible, repoussant à février 2024 le dépôt du projet de loi sur la fin de vie. Car au-delà des aspects techniques et sanitaires, c’est une réflexion de fond qui s’impose sur notre rapport collectif à la finitude et à la vulnérabilité humaines.

À bien des égards, la réforme de la fin de vie condensera plusieurs enjeux critiques de notre époque : importance accrue donnée à l’autodétermination individuelle face aux choix existentiels, efficacité gestionnaire dans une société vieillissante, place respective de l’État, du marché et de la société civile dans l’accompagnement des plus fragiles.

Le gouvernement marche ainsi sur un fil dans sa volonté de légiférer sans brusquer les opinions. Son approche se veut globale, cherchant à ménager les avancées sociétales sans sacrifices éthiques. Mais dans une France fracturée sur les questions de bioéthique, la tâche s’annonce ardue.

Certains observateurs s’inquiètent ainsi des dérives possibles liées à cette accélération de la consolidation industrielle dans les secteurs des EHPAD et des pompes funèbres. La prise en charge de la grande dépendance et l’accompagnement des familles endeuillées pourraient devenir des segments de marché comme les autres, soumis à une logique gestionnaire plus qu’humaniste. Derrière les discours lénifiants des grands groupes, n’y a-t-il pas risque de voir la mort et le grand âge transformés en nouveaux espaces de rentabilité économique ?

https://www.lepoint.fr/sante/loi-sur-la-fin-de-vie-les-contours-du-modele-francais-se-dessinent-11-12-2023-2546567_40.php

https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/12/09/fin-de-vie-un-plan-pour-les-soins-palliatifs-en-attendant-une-loi-sur-l-aide-a-mourir_6204826_3224.html

https://www.ouest-france.fr/societe/fin-de-vie/fin-de-vie-le-contour-de-la-reforme-des-soins-palliatifs-se-precise-685833f2-95bb-11ee-b5ab-4c9dbbc4ce19

https://www.revenupierre.com/les-actualites/gestionnaires-d-ehpad-la-consolidation-du-secteur-se-poursuit

Communiqués de presse Funecap

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