Le thorium : la clé de la révolution énergétique de la Chine ?

La Chine a récemment donné son feu vert à un réacteur nucléaire qui brûle du thorium, un combustible qui pourrait potentiellement alimenter le pays pendant 20 000 ans. Cependant, malgré les avantages apparents de cette technologie, notamment en matière de sécurité, de réduction des déchets, d’efficacité énergétique et de possibilité d’utilisation dans des zones arides enclavées, des questions se posent quant à sa viabilité à long terme et à son impact potentiel sur l’environnement et la sécurité mondiale.

Le réacteur, un réacteur à sels fondus (MSR) au thorium de deux mégawatts, est situé dans la ville de Wuwei, dans le désert de Gobi, dans la province de Gansu, et est exploité par l’Institut de physique appliquée de Shanghai de l’Académie chinoise des sciences. L’Administration nationale de la sécurité nucléaire a délivré le permis d’exploitation le 7 juin, permettant à l’Institut de Shanghai d’exploiter le réacteur pendant 10 ans.

Cependant, malgré les promesses de cette technologie, des défis techniques, réglementaires et économiques doivent être surmontés pour que les réacteurs soient déployés avec succès à grande échelle. De plus, la Chine n’est pas le premier pays à construire un réacteur au thorium, mais aucune tentative précédente n’a dépassé le stade expérimental. Le Laboratoire national d’Oak Ridge (ORNL) aux États-Unis a mené l’expérience du réacteur à sels fondus de 1965 à 1969, démontrant la faisabilité d’un MSR au thorium. Cependant, il n’a pas progressé vers une utilisation commerciale en raison d’une combinaison de facteurs, dont un financement limité et des priorités changeantes.

La Chine est censée avoir l’une des plus grandes réserves de thorium au monde. La taille exacte de ces réserves n’a pas été divulguée publiquement, mais on estime qu’elle est suffisante pour répondre aux besoins énergétiques totaux du pays pendant plus de 20 000 ans. Cependant, malgré l’abondance de cette ressource, la mise en œuvre de réacteurs à sels fondus pourrait poser des problèmes de sécurité et d’impact environnemental.

En effet, les réacteurs nucléaires contiennent des matériaux radioactifs qui peuvent fuir dans l’environnement environnant s’ils sont endommagés ou violés, posant une menace significative pour la vie marine et les écosystèmes de la région. Les humains seraient également à risque si les déchets radioactifs entraient dans la chaîne alimentaire. De plus, la perte d’une telle installation serait un coup financier significatif pour Pékin.

Bien que la Chine ait fait des progrès dans le développement et la mise en œuvre de la technologie du MSR au thorium, plusieurs experts nucléaires ont noté que cela ne signifiait pas nécessairement que tous les défis technologiques avaient été surmontés. Le lancement du projet de réacteur à sels fondus de thorium modulaire à petite échelle de l’Institut de Shanghai indique que la Chine s’intéresse à réduire davantage le coût de la technologie.

https://www.scmp.com/news/china/science/article/3224183/china-gives-green-light-nuclear-reactor-burns-thorium-fuel-could-power-country-20000-years?module=perpetual_scroll_0&pgtype=article&campaign=3224183

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