Le Retour de la Grippe Aviaire : La Maladie qui Tue les Petits Élevages

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La détection récente de nouveaux foyers de grippe aviaire hautement pathogène H5N1 en France a conduit les autorités à relever le niveau de risque à “élevé” et à imposer le confinement des volailles. Cette mesure vise à endiguer la propagation de ce virus très contagieux, mais elle pèse lourdement sur les élevages, en particulier les plus petits. Derrière ces restrictions sanitaires drastiques se cachent des enjeux économiques majeurs pour la filière avicole française.

L’industrie avicole pèse en effet près de 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France et emploie 25 000 personnes. Or, depuis l’apparition du virus H5N1 sur le territoire fin 2021, ce sont déjà plus de 3,3 millions de volailles qui ont dû être abattues, engendrant un manque à gagner considérable. La stratégie de vaccination des palmipèdes, principal réservoir du virus, initialement mise en place pour contrôler l’épizootie, montre aujourd’hui ses limites. Face à une flambée de cas de grippe aviaire, le gouvernement a d’ailleurs décalé à l’automne 2023 la date limite de vaccination.

Si ces mesures visent à protéger la santé publique et à éviter la contamination d’élevages, elles mettent à mal de nombreuses exploitations avicoles, en particulier les plus modestes. Les petits producteurs et éleveurs indépendants, dont certains pratiquent l’élevage en plein air ou biologique, peinent déjà à subsister face à la concurrence des géants de l’agroalimentaire. Le confinement prolongé de leurs volailles est économiquement intenable.

Cette crise sanitaire pourrait donc accélérer la disparition des petites structures familiales au profit des grands groupes industriels, mieux armés pour affronter de telles restrictions. Ces multinationales disposent des infrastructures et des capitaux nécessaires pour confiner rapidement leurs animaux et amortir les pertes financières sur le long terme.

À l’inverse, de nombreux petits producteurs pourraient être contraints de cesser leur activité, incapables de supporter des mois de pertes de revenus. Cette concentration du secteur avicole au profit de quelques géants de l’agroalimentaire pose la question du modèle agricole durable que nous voulons promouvoir.

Au-delà des pertes économiques, l’abattage massif de volailles pose également des questions sanitaires et écologiques. La stratégie de vaccination généralisée, si elle permet de contrôler temporairement la maladie, pourrait à terme favoriser l’émergence de nouvelles souches de grippe aviaire résistantes aux vaccins. Par ailleurs, l’élimination à grande échelle de volatiles sains dans les zones infectées affecte la biodiversité de la faune sauvage…

https://www.reuters.com/business/healthcare-pharmaceuticals/france-puts-country-high-alert-regarding-bird-flu-2023-12-05/

https://www.lepoint.fr/societe/grippe-aviaire-le-niveau-de-risque-releve-a-son-maximum-en-france-05-12-2023-2545882_23.php#11

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