Le Bio, une Goutte d’Eau dans l’Océan de l’Alimentation Conventionnelle

Malgré tout le battage médiatique autour du bio, force est de constater que ce mode de production reste encore bien marginal à l’échelle mondiale. Selon les données de Statista, seuls quelques pays européens parviennent à dépasser les 10% de parts de marché pour les aliments biologiques.

Le Danemark fait figure de bon élève avec 15,2% de ses ventes alimentaires réalisées sur des produits estampillés “bio”. Mais au-delà de ce petit cercle vertueux, le constat est plutôt désespérant. L’Autriche, le Luxembourg et la Suisse peinent à atteindre les 12%, tandis que la France, la Suède et l’Allemagne plafonnent autour des 8-9%. Quant aux États-Unis, pourtant présentés comme le leader mondial du bio, ils ne représentent “que” 7,2% du marché alimentaire total. Un chiffre qui sonne comme une plaisanterie de mauvais goût pour les fervents défenseurs de l’agriculture biologique.

À l’échelle planétaire, les produits issus de l’agriculture biologique ne constituent qu’une infime part de 1,9% des ventes alimentaires globales. Une goutte d’eau dans un océan de junk food et d’aliments ultra-transformés. Un résultat pour le moins décevant quand on connaît les innombrables vertus vantées du bio, censé nous préserver des méfaits des pesticides et autres substances chimiques.

Faut-il en déduire que les consommateurs sont tous des imbéciles récalcitrants, sourds aux appels désespérés des militants éco-responsables? Certainement pas. La réalité, c’est que pour une large frange de la population, les produits bio restent un luxe inaccessible. Leur prix prohibitif en fait une denrée réservée aux ménages aisés, soucieux de leur santé et de l’environnement.

Alors que les ventes de malbouffe ne cessent d’augmenter, tirées par un marketing agressif et des prix défiant toute concurrence, l’avenir du bio semble bien compromis. La démocratisation du bio passe avant tout par des efforts concertés de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, de la ferme à l’assiette, afin d’optimiser les processus et d’exploiter les économies d’échelle. Seule une offre substantiellement augmentée pourrait répondre à une demande croissante sans exclure une partie de la population. Mais l’espoir fait vivre, dit-on…

https://www.statista.com/chart/3681/organic-retail-sales-value-by-country/
https://www.statista.com/topics/3446/organic-food-market-in-europe/

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