La Grèce Renaît de ses Cendres, mais Gare à Vous !

La douce ironie du destin… Rappelez-vous, il y a une dizaine d’années, quand la Grèce était au fond du gouffre, étranglée par les dettes, forcée de quémander l’aumône à ses voisins européens. Athènes, jadis berceau de la démocratie, était devenue la risée de l’Europe, pointée du doigt pour son laxisme budgétaire et sommée de se serrer la ceinture jusqu’à l’asphyxie.

Les Grecs ont dû avaler des couleuvres plus grosses que les colonnes du Parthénon. Plans d’austérité draconiens, coupes claires dans les retraites et les salaires, privatisations en pagaille… Un vrai chemin de croix que les créanciers exigeaient de ce petit pays soi-disant cigale qui avait trop dépensé et pas assez cotisé. La Grèce était la brebis galeuse de la zone euro, celle par qui le scandale arrivait et qu’il fallait remettre dans le droit chemin à coups de réformes et de cures d’amaigrissement forcées.

Mais ô surprise, voilà qu’en 2024, nouveau retournement de situation digne des meilleures tragédies grecques. La roue a tourné et c’est maintenant au tour des mastodontes européens de vaciller. L’Allemagne et la France, donneurs de leçons d’hier, peinent à retrouver la croissance. Leur économie tousse, s’essouffle, menace de tomber en récession. Pendant ce temps-là, devinez qui tire son épingle du jeu ? Eh oui, la petite Grèce, tel le Phénix qui renaît de ses cendres !

Quelle revanche pour ce pays qui a tant souffert et qu’on avait condamné un peu vite. Aujourd’hui, les indicateurs sont au vert pour la Grèce : la croissance repart, le chômage baisse, les investisseurs reviennent, les créanciers sont remboursés avec des années d’avance. Même les agences de notation, ces oracles des temps modernes, ont réhabilité la dette grecque, lui redonnant ses galons de bon élève. Tout ce qui brille n’est peut-être pas de l’or du Parthénon, mais quand même, quel retour en grâce !

Alors certes, tout n’est pas rose dans le jardin d’Athènes. Les cicatrices de la crise sont encore là, les inégalités et la précarité n’ont pas disparu d’un coup de baguette magique. Mais au moins, la Grèce a fait le plus dur. Elle a avalé les couleuvres, subi sa pénitence, fait son mea culpa. Et maintenant, la voilà qui relève la tête et reprend des couleurs, pendant que ses voisins dépérissent à petit feu.

Moralité : l’arroseur allemand et français est arrosé à son tour ! L’histoire a parfois un curieux sens de l’humour. Ceux qui hier faisaient la morale se retrouvent aujourd’hui pris à leur propre piège. La croissance les fuit, la récession les guette, et c’est à eux maintenant de se retrousser les manches. Bienvenue au club, chers amis ! La Grèce vous souhaite bien du courage, elle sait de quoi elle parle.

Alors profitons de l’embellie hellénique, tant qu’elle dure. Allons dépenser nos euros sur les plages de Mykonos et du Péloponnèse, pendant que Berlin et Paris se creusent les méninges pour relancer la machine. Et si d’aventure, Olaf ou Emmanuel venaient quémander quelques conseils à Kyriákos sur la voie du redressement, gageons que le Premier ministre grec saura faire preuve de magnanimité. Il leur glissera peut-être à l’oreille, avec un petit sourire en coin : “L’austérité, c’est comme la moussaka, c’est meilleur quand c’est les autres qui la mangent !” Allez, yamas les amis !

[0]https://www.reuters.com/markets/europe/greek-economy-surges-after-decade-pain-2024-04-18/
[1] https://cepr.org/voxeu/columns/pandemic-and-greeces-debt-day-after
[2] https://china-cee.eu/2024/03/07/greece-political-briefing-the-greek-economy-prospects-and-challenges/
[3] https://www.esm.europa.eu/blog/euronomics-fresh-look-greek-debt-sustainability
[4] https://econreview.studentorg.berkeley.edu/a-tale-of-two-countries-a-history-of-the-greek-debt-crisis/

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