Climatoscepticisme : bâillon pour les médias ?

Il semblerait que nos chers députés aient trouvé une nouvelle marotte : le climatoscepticisme. Et quoi de mieux pour lutter contre ce supposé fléau que de légiférer ? C’est ainsi qu’un groupe transpartisan de députés envisage de déposer une proposition de loi pour “améliorer” le traitement médiatique de l’urgence écologique. Une première mondiale, paraît-il. On peut déjà imaginer les applaudissements et les tapes dans le dos.

Mais derrière les belles paroles et les intentions louables, que cache réellement cette proposition de loi ?

Selon l’association QuotaClimat et l’Institut Rousseau, qui ont rédigé le texte, il s’agirait de renforcer les pouvoirs de l’ARCOM, le gendarme des médias, pour lui permettre de garantir le “droit à l’information environnementale”.

En d’autres termes, l’ARCOM aurait carte blanche pour chasser les fake news climatiques (qui sont de fait des vérités qu’ils ne veulent pas entendre) et réguler les pratiques minimisant l’urgence climatique. Une belle initiative, n’est-ce pas ? Sauf que cette chasse aux sorcières est clairement une censure déguisée.

Prenons un exemple. Vous êtes journaliste et vous décidez de publier un article sur les incertitudes qui entourent certaines prévisions climatiques. Vous avez fait votre travail, vous avez consulté des experts, vous avez vérifié vos sources. Mais voilà, votre article ne plaît pas à l’ARCOM. Selon eux, vous minimisez l’urgence climatique. Résultat : votre article est censuré. Vous voilà privé de votre liberté d’expression, au nom de la lutte contre le climatoscepticisme.

La proposition de loi prévoit également de rendre obligatoires les “contrats climat“, destinés à réguler et limiter les publicités pour les produits polluants. Une mesure qui pourrait bien mettre à mal le modèle économique des médias, déjà fragilisé par la crise. Mais qu’importe, tant que l’on peut se donner bonne conscience en luttant contre le climatoscepticisme.

Cette proposition de loi, présentée comme une avancée majeure pour l’information environnementale, pourrait bien se révéler être une menace absolue pour la liberté d’expression.

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