Bannissement numérique : vers un “Big Brother” à la française ?

Sous couvert de lutter contre le cyberharcèlement, le gouvernement semble prêt à déployer des mesures dignes d’un roman d’Orwell. Le projet de loi pour “sécuriser et réguler l’espace numérique” prévoit en effet d’instaurer un bannissement numérique pour les personnes condamnées pour harcèlement sur les réseaux sociaux. Une mesure qui soulève la question du respect de la liberté d’expression et des dérives potentielles en matière de censure.

Les plateformes telles que Twitter et Facebook seraient contraintes de bloquer les comptes utilisés pour le cyberharcèlement, mais également ceux créés avant les faits, et d’empêcher la création de nouveaux comptes. Le spectre de la censure plane au-dessus de cette proposition, alors que l’on sait combien il est facile de contourner les mesures de blocage, notamment en changeant de numéro de téléphone ou d’adresse e-mail.

La liste des délits visés par cette loi ne se limite pas au cyberharcèlement et englobe également le négationnisme, les différentes formes de harcèlement, les attaques sur les orientations sexuelles et l’identité de genre, ainsi que toutes atteintes liées à l’origine, la religion, le sexe ou le handicap. Une liste qui semble s’étendre sans fin, laissant entrevoir un avenir où la surveillance et la censure seraient monnaie courante.

Ce projet de loi, bien que louable dans son intention de protéger les victimes, soulève des inquiétudes légitimes quant à l’équilibre entre la sécurité et la liberté d’expression. Faut-il sacrifier nos libertés sur l’autel de la sécurité numérique ? Le gouvernement semble avoir choisi son camp, et l’ombre d’Orwell plane sur notre espace numérique.

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