Les algorithmes veillent sur les Jeux Olympiques : Big Brother est-il sportif ?

Ah, les Jeux Olympiques, cette grande fête du sport où l’on célèbre la performance, l’esprit d’équipe et… la vidéosurveillance algorithmique ? En effet, notre chère Assemblée nationale a adopté l’article 7 du projet de loi “relatif aux Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024” (59 pour, 14 contre). Rassurons-nous, l’intelligence artificielle est là pour veiller sur nous et nous protéger d’éventuelles menaces. Mais n’y aurait-il pas comme un arrière-goût de dystopie orwellienne dans l’air ?

D’après nos députés, ces caméras ultra-performantes, dignes d’un épisode de Black Mirror, analyseront en temps réel les images filmées par des algorithmes. Leur objectif ? Aider nos forces de l’ordre à détecter “en temps réel, des événements prédéterminés susceptibles de présenter ou de révéler” des risques d’actes de terrorisme ou d’atteintes graves à la sécurité des personnes”. Voilà qui rassure ! Nous voici donc sous l’œil bienveillant de ces caméras qui ne nous veulent que du bien. Quoi de mieux pour savourer un match de volley-ball sur sable ou une épreuve de gymnastique rythmique, n’est-ce pas ?

Mais ne vous inquiétez pas, tout est sous contrôle ! Le dispositif est encadré par “28 garanties” selon notre cher ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Il serait donc malvenu de s’inquiéter pour notre vie privée, n’est-ce pas ? De toute façon, qui aurait besoin d’intimité lors d’un événement sportif de cette envergure ?

Et puis, cerise sur le gâteau, ce merveilleux dispositif sera testé en amont des Jeux Olympiques, lors de la Coupe du monde de rugby. Ainsi, nous pourrons bénéficier de ces caméras protectrices encore plus tôt que prévu ! Quel bonheur !

Cependant, l’opposition de gauche n’a pas manqué de souligner l’ironie de la situation. Selon Sandra Regol (Ecologiste), la vidéosurveillance algorithmique “laisse planer un risque important de discrimination dans l’espace public”. Bah voyons ! Comme si nos chers algorithmes, si impartiaux et dévoués, pourraient se laisser aller à de tels travers !

Et que dire de la durée de l’expérimentation, critiquée par le Rassemblement national ? Celle-ci court jusqu’au 31 décembre 2024, alors que les Jeux Paralympiques s’achèveront le 8 septembre. Ugo Bernalicis (La France insoumise) a même osé remettre en cause les intentions du gouvernement : “On vous suspecte, après le 1er janvier 2025, de vouloir continuer le dispositif.” Quelle méfiance infondée !

Heureusement, le président de la commission des lois, Sacha Houlié (Renaissance), a su remettre les pendules à l’heure : “Je trouve ça quand même surprenant, cette absence totale de confiance dans les pouvoirs d’évaluation du Parlement “. Eh oui, comment oser douter de la capacité de nos élus à évaluer les dispositifs mis en place ? Surtout quand il s’agit de la vidéosurveillance et de notre vie privée, deux domaines qu’ils maîtrisent si bien.

D’ailleurs, un rapport d’évaluation devra être remis au Parlement et à la CNIL “au plus tard le 31 décembre 2024”, et associera deux députés et deux sénateurs “désignés respectivement par la présidente de l’assemblée nationale et le président du Sénat”. Avec un tel contrôle, comment pourrait-on craindre pour nos libertés ?

En somme, l’adoption de cet article 7 est une grande avancée pour la sécurité de nos manifestations sportives, récréatives et culturelles. Grâce à ces caméras et leurs algorithmes bienveillants, nous pourrons enfin profiter des Jeux Olympiques sans arrière-pensée. Après tout, comme le disait si bien George Orwell, “Big Brother is watching you” et maintenant, il sera également sportif !

Alors, chers spectateurs, n’ayez crainte et préparez -vous à encourager vos athlètes préférés, tout en sachant que l’œil vigilant de nos algorithmes vous observe attentivement. Quel soulagement de se dire que, grâce à cette technologie de pointe, nos moments de détente sportive seront placés sous le signe de la sécurité ! Oubliez donc vos réticences et laissez-vous bercer par la douce surveillance de notre nouvel ami algorithmique.

Enfin, rappelons-nous que ces caméras ne sont pas là pour juger notre façon de brandir nos drapeaux, de peindre notre visage aux couleurs de notre nation, ou encore de déguster une barquette de frites en hurlant à pleins poumons. Elles sont là pour assurer notre protection, alors pourquoi ne pas leur faire confiance ?

Ainsi, à l’aube des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, célébrons cette nouvelle ère de la sécurité, où la technologie et l’intelligence artificielle seront nos gardiens infatigables. Car, après tout, n’est-ce pas là le véritable esprit olympique : unir le monde sous le regard bienveillant d’une vidéosurveillance algorithmique omniprésente ?

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