Booba vs Meta: le clash du cyberespace

Dans le monde du rap français, Booba, le titan du rap français, est connu pour ses textes tranchants et ses punchlines mordantes. Mais aujourd’hui, il semble que son adversaire le plus coriace ne soit pas un autre rappeur, mais une entreprise de technologie. Booba est en guerre contre Meta, la maison mère d’Instagram, dans une bataille juridique qui pourrait bien changer la face des réseaux sociaux.

Le conflit a commencé lorsque plusieurs comptes Instagram liés à Booba ont été supprimés sans explication. Le compte officiel du rappeur, suivi par 4,6 millions d’abonnés, a été suspendu en janvier 2020. La raison ? La diffusion de vidéos intimes mettant en scène un autre rappeur, Fianso. Pour Instagram, c’était une violation des règles d’usage. Pour Booba, c’était simplement “une histoire de fesse“.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Après un bref retour en février, le compte de Booba a été de nouveau fermé en décembre de la même année. Et ce n’est pas tout. D’autres comptes liés à la promotion de Booba, comme @lapiraterieofficial et @OKLM, ont également été fermés par Meta.

Face à ces suppressions, Booba a décidé de ne pas rester silencieux. Il a porté l’affaire en justice et a obtenu une première victoire en octobre 2022. Une décision de justice a déclaré illégale la suppression de son compte Instagram @OKLM. Cependant, Meta a refusé d’appliquer cette décision et de réactiver le compte.

L’avocat de Booba, Me Gilles Vercken, dénonce l’absence totale de dialogue de la part de Meta. “Meta a fermé ses comptes sans que l’on en connaisse la raison et n’applique pas une décision rendue par la justice française”, a-t-il déclaré.

Le combat de Booba contre Meta soulève des questions importantes sur le pouvoir des réseaux sociaux et leur responsabilité. Les réseaux sociaux sont-ils au-dessus des lois ? Ont-ils le droit de bannir des utilisateurs sans explication ? Et surtout, peuvent-ils ignorer les décisions de justice ?

Le bras de fer entre Booba et Meta est loin d’être terminé. En juillet, un tribunal devra décider si c’est la justice française ou la justice irlandaise qui est compétente dans ce dossier. Cette décision pourrait bien tracer les premières lignes d’une jurisprudence sur les responsabilités des réseaux sociaux.

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