BNF: L’Échec National

La Bibliothèque Nationale de France (BNF), autrefois fierté culturelle de la nation, est aujourd’hui au cœur d’une débâcle administrative. Avec un budget colossal de près de 240 millions d’euros, la BNF semble incapable de remplir sa mission première : le dépôt légal. Ce mécanisme, conçu pour préserver le patrimoine culturel français, oblige les producteurs et diffuseurs de contenus à déposer des exemplaires de leurs œuvres à la BNF. Mais voilà, à l’ère numérique, tout a changé.

La démocratisation de l’édition, notamment grâce à des plateformes comme Amazon On Demand, Coollibri et Lulu, a vu une explosion du nombre d’ouvrages publiés. La BNF, dépassée par cet afflux, peine à suivre le rythme. En 2016, seulement 10 000 des 23 552 livres proposés sur CreateSpace d’Amazon ont été reçus par la BNF. C’est une omission massive, et cela ne concerne qu’une seule plateforme.

La BNF, submergée par la quantité, ne sait même pas ce qui lui manque. Et lorsqu’elle parvient à collecter des contenus numériques, elle se retrouve souvent avec des formats qu’elle ne peut pas lire. Pire encore, au lieu de reconnaître ces lacunes, la BNF a choisi de les cacher, offrant une image embellie à la presse.

Ce n’est pas seulement un échec de la BNF, mais un reflet de la dégradation des services publics français. Si une institution avec un budget aussi conséquent ne peut pas accomplir une tâche aussi élémentaire que de collecter des livres, que peut-on attendre d’elle à l’avenir ?

Il est clair que la loi sur le dépôt légal, conçue à une époque où la publication était un processus coûteux et limité, doit être repensée. La réalité d’aujourd’hui est radicalement différente. La BNF doit s’adapter ou risquer de devenir obsolète.

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