Journalistes matraqués: quand les bleus jouent les terminators du reportage

On aurait bien aimé écrire une nouvelle ode à la douce France, mais voici une mélodie plus aigre-douce qui résonne dans nos tympans. RSF (Reporters sans frontières) fait ressortir une tendance plus que troublante – une sorte de manie nationale d’égratigner les journalistes. En deux mois, de mars à mai 2023, on compte quinze attaques contre les médias, pas loin du record de seize agressions sur deux ans. Merci qui ? Nos forces de l’ordre débordantes d’ardeur.

C’est un ballet peu poétique que nous offrent nos gardiens de la paix, donnant à la notion de “mouvement social” une toute nouvelle chorégraphie. Si l’on croyait avoir vu le pire lors des manifestations contre la réforme des retraites, nos brillants CRS se sont surpassés avec le rassemblement à Sainte-Soline contre les méga-bassines le 25 mars, et ne parlons même pas du 1er mai.

Le courageux Paul Boyer, journaliste indépendant, a eu droit à un soin tout particulier, un vrai spa intensif. Une main broyée et un traumatisme crânien suite à l’intervention des Brav-M lors d’une manifestation parisienne. Et tenez-vous bien, il portait une étiquette “Presse“, comme si cela pourrait stopper le coup de matraque en plein vol.

Rémy Buisine de Brut a eu le plaisir de recevoir une volée de coups de pieds après une séance de roulade avec un bouclier. Marc Chaumeil, lui, a vécu l’expérience immersive de vol plané, son matériel en prime, transformé en puzzle tridimensionnel.

Nos bleus se révèlent aussi être de grands amateurs d’art. Ainsi, la photographe Anna Margueritat, de l’agence Hans Lucas, a eu l’honneur de poser pour une scène unique, le CRS en armure la pointant de son LBD, le 15 avril à Rennes.

Et que dire des arrestations gratuites, ce petit plus qui donne tout son sel à l’histoire? Si vous aviez des doutes sur l’ambiance en France, voici le bouquet final.

Pavol Szalai, responsable du bureau UE-Balkans de RSF, s’insurge : “Le bilan de ces deux derniers mois est glaçant. Nous demandons aux autorités administratives et judiciaires de poursuivre les auteurs des violences policières et de ne pas laisser des atteintes manifestes au droit d’informer impunies.

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